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 <title>Le Blog de Mathieu Janin / Mathieu Janin's Blog - mjccd.com -  EMJI Ventures - Smartketing.ch - Pleeaase.com - Inbound-PR-Academy.net - Smartketing.ai - Smartketing.eu - CaGlanePourMoi.ch - </title>
 <subtitle><![CDATA[Le blog de Mathieu Janin, conseil en communication diplômé, ancien président de la Société (Suisse) Romande de Relations Publiques, ancien président de l'association faîtière suisse romande des associtions informatiques (ICT-SR). Contient des articles sur la communication d'entreprise, les médias helvétiques et l'évolution du marché ITC depuis la fin du siècle dernier. Passionné par l'évolution de la communication, l'auteur de ce blog s'intéresse aux nouveaux outils de communication tels que le Persuasion Marketing, le buzz, le web 2.0, la communication 2.0 et les nouvelles formes de communication non interruptive. http://www.le-blog-de-mathieu-janin.net]]></subtitle>
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 <updated>2026-06-04T22:56:06+02:00</updated>
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   <title>Les bonnes questions, les mauvaises réponses: Pourquoi je voterai non à l'initiative "Pas de Suisse à dix millions"</title>
   <updated>2026-06-01T14:54:00+02:00</updated>
   <id>https://www.le-blog-de-mathieu-janin.net/Les-bonnes-questions-les-mauvaises-reponses-Pourquoi-je-voterai-non-a-l-initiative-Pas-de-Suisse-a-dix-millions_a857.html</id>
   <category term="Opinion" />
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   <published>2026-06-01T14:48:00+02:00</published>
   <author><name>Mathieu Janin</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Le 14 juin, la Suisse vote sur l'initiative « Pas de Suisse à 10 millions ». Loyers, trains bondés, densité : le diagnostic est réel. Mais le remède plafonne la Constitution, menace les Bilatérales et fait voter, sous couvert de démographie, contre l'Europe. Pourquoi un patron de PME, fils d'un européen convaincu, dira non.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.le-blog-de-mathieu-janin.net/photo/art/default/96802832-67476550.jpg?v=1780318374" alt="Les bonnes questions, les mauvaises réponses: Pourquoi je voterai non à l'initiative "Pas de Suisse à dix millions"" title="Les bonnes questions, les mauvaises réponses: Pourquoi je voterai non à l'initiative "Pas de Suisse à dix millions"" />
     </div>
     <div>
      Mon père, Jacques Janin, est né à la ferme de la Bérallaz, sur les hauteurs de Montheron, dans ce Jorat qui m'est cher. Directeur de Prométerre de 1985 à 2001, formé à l'Université de Lausanne par Henri Rieben — l'un des grands artisans romands de la pensée européenne —, il a défendu sa vie durant une idée que le monde paysan préférait ignorer : l'avenir de l'agriculture suisse se trouve <em>dans</em> l'Europe, non contre elle. <br />  Son plus grand handicap ne fut jamais la solidité de son raisonnement. Ce fut la langue. Ses idées peinaient à franchir la Sarine parce qu'il ne maîtrisait pas le suisse-allemand, et qu'outre-Röstigraben, on ne l'entendait qu'à moitié. <br />  C'est pour cela que, sur son conseil, j'ai quitté le canton de Vaud. J'ai appris l'allemand et le suisse-allemand : dix ans à Saint-Gall, dix ans à Zurich. Aujourd'hui, je travaille en allemand, en anglais et en français. J'ai passé vingt ans à bâtir le pont qui avait manqué à mon père. Alors quand on me propose de construire un mur, je sais ce qu'il coûte — parce que je connais le prix du pont. <br />  Ce 14 juin, je voterai non. Non pas parce que les questions posées par l'UDC seraient illégitimes — au contraire. <br />  &nbsp;  <h2 style="margin-top: 40px; margin-bottom: 20px;">Le diagnostic n'est pas faux</h2>  &nbsp; <br />  Soyons honnêtes : le malaise est réel. Les loyers grimpent, les trains sont bondés, la densité pèse, et beaucoup éprouvent un sentiment de perte de contrôle. Balayer d'un revers de main les quelque 47 % de citoyens prêts à voter oui serait à la fois injuste et politiquement aveugle. Sur le constat, l'UDC n'a pas tort. <br />  Mais une bonne question n'a jamais fait une bonne réponse. <br />  &nbsp;  <h2 style="margin-top: 40px; margin-bottom: 20px;">Le remède ne soigne pas le mal</h2>  &nbsp; <br />  L'initiative plafonne la population à dix millions d'habitants avant 2050. Elle ne <em>réduit</em> rien : au mieux, elle ralentit. Elle ne videra aucun train déjà bondé, et son mécanisme ne se déclenche qu'aux alentours de 2031. Or le logement et les transports ont d'autres causes — la construction, l'aménagement du territoire, la spéculation, l'investissement ferroviaire — qu'un plafond démographique ne touche pas. <br />  Surtout, l'instrument est brutal : renégocier l'accord sur la libre circulation, puis, à défaut, le dénoncer — ce qui entraîne, par le jeu de la clause guillotine, la chute de l'ensemble des Bilatérales I. Ce remède est donc soit cosmétique (jamais activé, comme le fut l'initiative de 2014), soit explosif. Il n'existe pas de réglage fin entre les deux. <br />  Autrement dit : on vous parle de trains bondés ; on vous fait voter non pas <em>sur</em>, mais <em>contre</em> l'Europe. <br />  &nbsp;  <h2 style="margin-top: 40px; margin-bottom: 20px;">Le double abandon</h2>  &nbsp; <br />  Voici ce que la campagne préfère taire : ceux qui connaissent le mieux le sujet — aux champs comme à l'usine — refusent le repli. <br />  &nbsp;  <h3 style="margin-top: 30px; margin-bottom: 15px;">Une conviction de famille</h3>  &nbsp;    <blockquote>Jacques Janin n'a jamais caché ses convictions européennes. Dans son livre au titre programmatique, <em>« La Suisse et l'Union européenne sont faites l'une pour l'autre »</em>, il résume sa thèse d'une formule : « Une agriculture suisse non euro-compétitive est condamnée à s'étioler. » Il rappelait qu'en 1996, six cents paysans réunis à Cully avaient demandé au Conseil fédéral d'accélérer le rapprochement avec l'Union — et déplorait déjà un monde paysan « accaparé par l'UDC » et tenté par le repli sur soi.</blockquote>  &nbsp; <br />  L'UDC se présente en gardienne du terroir. Pourtant, l'un des dirigeants paysans vaudois les plus respectés a soutenu, chiffres à l'appui, que la terre elle-même a besoin de l'Europe. <br />  La même fracture traverse l'industrie. Les propres capitaines de l'UDC se divisent. Peter Spuhler, patron de Stadler Rail, vote non — publiquement — parce que son entreprise vit de l'Europe et de la libre circulation. Magdalena Martullo-Blocher, à la tête d'Ems-Chemie, soutient l'initiative, mais reste quasi invisible durant la campagne. La carte de leurs usines explique leur désaccord : <br />  &nbsp; <br />  <strong>Secteur</strong> — Stadler Rail : matériel ferroviaire. Ems-Chemie : chimie de spécialités. <br />  <strong>Effectifs</strong> — Stadler Rail : ~14 800 (≈ ¾ à l'étranger). Ems-Chemie : ~2 800 (peu intensif en main-d'œuvre). <br />  <strong>Implantation</strong> — Stadler Rail : réseau de production intégré à l'Europe. Ems-Chemie : pivot vers la Chine et les États-Unis. <br />  <strong>Exposition à la libre circulation</strong> — Stadler Rail : très forte. Ems-Chemie : faible. <br />  <strong>Position du dirigeant</strong> — <strong>Spuhler → NON, publiquement</strong>. <strong>Martullo-Blocher → OUI, en retrait</strong>. <br />  &nbsp;  <blockquote>« Je ne comprends pas pourquoi l'UDC soutient cette initiative. » — Peter Spuhler</blockquote>  &nbsp; <br />  Du terroir à l'usine, ceux qui maîtrisent vraiment le dossier refusent la fermeture. Reste alors une question : qui, au juste, paiera le repli ? <br />  &nbsp;  <h2 style="margin-top: 40px; margin-bottom: 20px;">Qui paiera la note</h2>  &nbsp; <br />  Les grands patrons, eux, l'amortiront : ils peuvent délocaliser, absorber les contingents, mobiliser des services entiers. Les PME, non. Et moi non plus. Pour m'investir pleinement et plus facilement en Europe et amortir le choc à venir, le cas échéant, j'ai dédoublé ma structure : une société en Suisse, et une autre dans l'Union européenne, en Estonie. Si la Suisse avait adhéré à l'EEE ou à l'UE, cette seconde société n'aurait pas eu de raison d'être. Elle reste aujourd'hui la moins mauvaise solution pour une PME suisse qui refuse de se replier sur elle-même — et un oui le 14 juin ne ferait que creuser l'écart qui la rend nécessaire. Le repli a un coût, et ce ne sont pas ses promoteurs qui le supporteront. <br />  &nbsp;  <h2 style="margin-top: 40px; margin-bottom: 20px;">La voie médiane existe</h2>  &nbsp; <br />  Que l'on ne s'y trompe pas : je ne défends pas l'immobilisme. Une troisième voie existe, qui répond aux vraies inquiétudes sans claquer la porte de l'Europe. <br />  Elle tient en quelques leviers. La clause de sauvegarde négociée dans les Bilatérales III, qui permet de freiner l'immigration en cas de difficultés économiques ou sociales sérieuses — région par région, branche par branche — sans rompre la voie bilatérale : freiner sans casser. La mobilisation du potentiel de main-d'œuvre indigène, qui s'attaque à la cause (le besoin de recruter à l'étranger) plutôt qu'au symptôme. L'investissement dans le logement abordable et les infrastructures, qui relève entièrement de la politique intérieure. Et, paradoxe que l'UDC ne souligne jamais, une gestion de l'asile qui passe par <em>davantage</em> de coopération européenne, non par le retrait. <br />  On peut reprendre la main sans claquer la porte. <br />  &nbsp;  <h2 style="margin-top: 40px; margin-bottom: 20px;">L'ouverture contre la peur</h2>  &nbsp; <br />  Mon père m'a transmis une conviction et une méthode. La conviction : pour un petit pays, l'Europe est un horizon, pas une menace. La méthode : préférer les ponts aux murs — quitte à y consacrer vingt ans et une langue étrangère. Je reste persuadé que l'intégration européenne demeure aujourd'hui la meilleure voie pour la Suisse. <br />  Mon père rêvait d'une agriculture arrimée à l'Europe. Faute d'adhésion à l'EEE ou à l'UE, j'ai dû arrimer moi-même une partie de mon entreprise à l'Union, depuis Tallinn. Ce n'est pas un refuge que j'espère ne jamais utiliser : c'est déjà, aujourd'hui, la moins mauvaise solution pour une PME qui refuse le repli. J'aurais simplement préféré ne pas en avoir besoin. <br />  &nbsp; <br />  <em>Sources : explications de vote et communiqués de la Confédération ; sondages SSR/gfs.bern et 20 Minutes/Tamedia ; rapports et communications financières de Stadler Rail et d'Ems-Chemie ; déclarations publiques de Peter Spuhler (SRF, CH-Media) ; portraits de Jacques Janin parus dans Le Temps, la Tribune de Genève et 24 heures, et ses propres ouvrages.</em>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <title>Die richtigen Fragen, die falschen Antworten: Warum ich Nein zur Initiative «Keine 10-Millionen-Schweiz» stimme</title>
   <updated>2026-06-01T14:48:00+02:00</updated>
   <id>https://www.le-blog-de-mathieu-janin.net/Die-richtigen-Fragen-die-falschen-Antworten-Warum-ich-Nein-zur-Initiative-Keine-10-Millionen-Schweiz-stimme_a856.html</id>
   <category term="Opinion" />
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   <published>2026-06-01T13:41:00+02:00</published>
   <author><name>Mathieu Janin</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Am 14. Juni stimmt die Schweiz über die Initiative «Keine 10-Millionen-Schweiz» ab. Mieten, überfüllte Züge, Dichte: Die Diagnose ist real. Doch das Mittel zementiert eine Bevölkerungsobergrenze in die Verfassung, gefährdet die Bilateralen und lässt – im Gewand der Demografie – gegen Europa abstimmen. Warum ein KMU-Unternehmer und Sohn eines überzeugten Europäers Nein sagen wird.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.le-blog-de-mathieu-janin.net/photo/art/default/96801603-67475536.jpg?v=1780317980" alt="Die richtigen Fragen, die falschen Antworten: Warum ich Nein zur Initiative «Keine 10-Millionen-Schweiz» stimme" title="Die richtigen Fragen, die falschen Antworten: Warum ich Nein zur Initiative «Keine 10-Millionen-Schweiz» stimme" />
     </div>
     <div>
      Mein Vater, Jacques Janin, kam auf dem Hof La Bérallaz oberhalb von Montheron zur Welt, in jenem Jorat, das mir am Herzen liegt. Als Direktor von Prométerre (1985–2001), an der Universität Lausanne von Henri Rieben geprägt – einem der grossen Westschweizer Vordenker des europäischen Gedankens –, verteidigte er sein Leben lang eine Idee, welche die bäuerliche Welt lieber ignorierte: Die Zukunft der Schweizer Landwirtschaft liege <em>in</em> Europa, nicht gegen Europa. <br />
Sein grösstes Handicap war nie die Stichhaltigkeit seiner Überlegungen. Es war die Sprache. Seine Ideen taten sich schwer, die Saane zu überqueren, weil er das (Schweizer-)Deutsch nicht beherrschte – und jenseits des Röstigrabens, in eben jener Deutschschweiz, die diese Zeilen gerade liest, hörte man ihn nur zur Hälfte. <br />
Deshalb habe ich auf seinen Rat hin den Kanton Waadt verlassen. Ich habe Deutsch und Schweizerdeutsch gelernt: zehn Jahre in St. Gallen, zehn Jahre in Zürich. Heute arbeite ich auf Deutsch, Englisch und Französisch. Zwanzig Jahre lang habe ich die Brücke gebaut, die meinem Vater gefehlt hat. Wenn man mir nun vorschlägt, eine Mauer zu errichten, weiss ich, was sie kostet – weil ich den Preis der Brücke kenne. <br />
Am 14. Juni werde ich Nein stimmen. Nicht, weil die Fragen, welche die SVP aufwirft, unberechtigt wären – im Gegenteil. <br />
&nbsp; <h2 style="margin-top: 40px; margin-bottom: 20px;">Die Diagnose ist nicht falsch</h2> &nbsp; <br />
Seien wir ehrlich: Das Unbehagen ist real. Die Mieten steigen, die Züge sind überfüllt, die Dichte drückt, und viele empfinden einen Verlust an Kontrolle. Die rund 47 Prozent, die Ja stimmen wollen, als rückständig abzutun, wäre ungerecht und politisch blind. In der Diagnose hat die SVP nicht unrecht. <br />
Doch aus einer richtigen Frage wird noch keine richtige Antwort. <br />
&nbsp; <h2 style="margin-top: 40px; margin-bottom: 20px;">Das Mittel heilt das Übel nicht</h2> &nbsp; <br />
Die Initiative deckelt die Bevölkerung bei zehn Millionen vor 2050. Sie <em>reduziert</em> nichts: Sie bremst bestenfalls. Sie wird keinen einzigen überfüllten Zug leeren, und ihr Mechanismus greift erst um 2031. Wohnen und Verkehr haben andere Ursachen – Bautätigkeit, Raumplanung, Spekulation, Bahnausbau –, die eine Bevölkerungsobergrenze gar nicht berührt. <br />
Vor allem ist das Instrument brachial: das Freizügigkeitsabkommen neu verhandeln, und falls das scheitert, es kündigen – was über die Guillotine-Klausel das gesamte Paket der Bilateralen I zu Fall bringt. Dieses Mittel ist also entweder kosmetisch (nie angewendet, wie die Initiative von 2014) oder explosiv. Eine Feinjustierung dazwischen gibt es nicht. <br />
Mit anderen Worten: Man spricht zu Ihnen von überfüllten Zügen; abstimmen lässt man Sie nicht <em>über</em> Europa, sondern <em>gegen</em> Europa. <br />
&nbsp; <h2 style="margin-top: 40px; margin-bottom: 20px;">Die doppelte Absage</h2> &nbsp; <br />
Was der Abstimmungskampf lieber verschweigt: Jene, die das Thema am besten kennen – auf dem Feld wie in der Fabrik –, lehnen den Rückzug ab. <br />
&nbsp; <h3 style="margin-top: 30px; margin-bottom: 15px;">Eine Familienüberzeugung</h3> &nbsp; <br />
<blockquote>Jacques Janin machte aus seiner europäischen Überzeugung nie ein Geheimnis. In seinem Buch mit dem programmatischen Titel <em>«La Suisse et l'Union européenne sont faites l'une pour l'autre»</em> (auf Französisch und Deutsch erschienen) brachte er seine These auf eine Formel: «Eine nicht euro-wettbewerbsfähige Schweizer Landwirtschaft ist zum Niedergang verurteilt.» Er erinnerte daran, dass sich 1996 sechshundert Bäuerinnen und Bauern in Cully versammelten, um vom Bundesrat eine Beschleunigung der Annäherung an die Union zu fordern – und beklagte schon damals eine bäuerliche Welt, die von der SVP «vereinnahmt» und von der Versuchung des Rückzugs auf sich selbst erfasst werde.</blockquote>
&nbsp; <br />
Die SVP gibt sich als Hüterin der Scholle und der Heimat. Doch einer der angesehensten Waadtländer Bauernführer hat mit Zahlen belegt, dass das Land selbst Europa braucht. <br />
Derselbe Riss zieht sich durch die Industrie. Die eigenen Industriekapitäne der SVP sind gespalten. Peter Spuhler, Chef von Stadler Rail, stimmt Nein – und zwar öffentlich –, weil sein Unternehmen von Europa und von der Personenfreizügigkeit lebt. Magdalena Martullo-Blocher, an der Spitze von Ems-Chemie, unterstützt die Initiative, bleibt im Abstimmungskampf aber nahezu unsichtbar. Die Landkarte ihrer Werke erklärt ihre Differenz: <br />
&nbsp; <br />
<strong>Branche</strong> — Stadler Rail: Schienenfahrzeuge. Ems-Chemie: Spezialitätenchemie. <br />
<strong>Beschäftigte</strong> — Stadler Rail: ~14 800 (≈ ¾ im Ausland). Ems-Chemie: ~2 800 (wenig arbeitsintensiv). <br />
<strong>Standorte</strong> — Stadler Rail: in Europa integriertes Produktionsnetz. Ems-Chemie: Schwenk nach China und in die USA. <br />
<strong>Abhängigkeit von der Personenfreizügigkeit</strong> — Stadler Rail: sehr hoch. Ems-Chemie: gering. <br />
<strong>Haltung der Leitung</strong> — <strong>Spuhler → NEIN, öffentlich</strong>. <strong>Martullo-Blocher → JA, im Hintergrund</strong>. <br />
&nbsp; <br />
<blockquote>«Ich verstehe nicht, warum die SVP diese Initiative unterstützt.» – Peter Spuhler</blockquote>
&nbsp; <br />
Vom Acker bis zur Fabrik: Wer das Dossier wirklich beherrscht, lehnt die Abschottung ab. Bleibt die Frage: Wer eigentlich zahlt den Rückzug? <br />
&nbsp; <h2 style="margin-top: 40px; margin-bottom: 20px;">Wer die Rechnung zahlt</h2> &nbsp; <br />
Die grossen Konzernchefs werden ihn abfedern: Sie können auslagern, Kontingente verkraften, ganze Abteilungen mobilisieren. KMU nicht. Und ich auch nicht. Um mich voll und ungehinderter in Europa zu engagieren und den allenfalls drohenden Schock abzufedern, habe ich meine Struktur verdoppelt: eine Gesellschaft in der Schweiz und eine weitere in der Europäischen Union, in Estland. Wäre die Schweiz dem EWR oder der EU beigetreten, hätte diese zweite Gesellschaft keine Daseinsberechtigung gehabt. Sie bleibt heute die am wenigsten schlechte Lösung für ein Schweizer KMU, das sich nicht auf sich selbst zurückziehen will – und ein Ja am 14. Juni würde nur jene Kluft vertiefen, die sie nötig macht. Der Rückzug hat einen Preis, und es sind nicht seine Befürworter, die ihn tragen werden. <br />
&nbsp; <h2 style="margin-top: 40px; margin-bottom: 20px;">Den Mittelweg gibt es</h2> &nbsp; <br />
Man verstehe mich nicht falsch: Ich verteidige nicht den Stillstand. Es gibt einen dritten Weg, der auf die echten Sorgen antwortet, ohne Europa die Tür zuzuschlagen. <br />
Er besteht aus einigen Hebeln. Die in den Bilateralen III ausgehandelte Schutzklausel, die es erlaubt, die Zuwanderung bei ernsthaften wirtschaftlichen oder sozialen Schwierigkeiten zu bremsen – Region für Region, Branche für Branche –, ohne den bilateralen Weg zu zerstören: bremsen, ohne zu brechen. Die Mobilisierung des inländischen Arbeitskräftepotenzials, die an der Ursache ansetzt (dem Zwang, im Ausland zu rekrutieren) statt am Symptom. Investitionen in bezahlbaren Wohnraum und in die Infrastruktur, die ganz in der Innenpolitik liegen. Und – ein Paradox, das die SVP nie betont – eine Asylpolitik, die über <em>mehr</em> europäische Zusammenarbeit führt, nicht über den Rückzug. <br />
Man kann die Zügel wieder in die Hand nehmen, ohne die Tür zuzuschlagen. <br />
&nbsp; <h2 style="margin-top: 40px; margin-bottom: 20px;">Offenheit gegen Angst</h2> &nbsp; <br />
Mein Vater hat mir eine Überzeugung und eine Methode vererbt. Die Überzeugung: Für ein kleines Land ist Europa ein Horizont, keine Bedrohung. Die Methode: Brücken bauen statt Mauern – und sei es um den Preis von zwanzig Jahren und einer Fremdsprache. Ich bleibe überzeugt, dass die europäische Integration heute der beste Weg für die Schweiz ist. <br />
Mein Vater träumte von einer an Europa angebundenen Landwirtschaft. Mangels Beitritt zum EWR oder zur EU musste ich einen Teil meines Unternehmens selbst an die Union anbinden – von Tallinn aus. Das ist kein Zufluchtsort, den ich nie zu nutzen hoffe: Es ist bereits heute die am wenigsten schlechte Lösung für ein KMU, das den Rückzug verweigert. Ich hätte ihn nur lieber nicht gebraucht. <br />
&nbsp; <br />
<em>Quellen: Abstimmungserläuterungen und Mitteilungen des Bundes; Umfragen von SRG/gfs.bern und 20 Minuten/Tamedia; Geschäfts- und Finanzpublikationen von Stadler Rail und Ems-Chemie; öffentliche Äusserungen von Peter Spuhler (SRF, CH-Media); Porträts von Jacques Janin in Le Temps, Tribune de Genève und 24 heures sowie seine eigenen Werke.</em>
     </div>
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